True Bearings

Freeways

02/04/2020

Temple Of Mystery Records

Nous sommes actuellement en vacances d’été (oui, la publication des chroniques à méchamment de l’avance…), mais si je vous proposais un gros trip canadien en camping-car en compagnie de quatre dudes qui connaissent aussi bien leur région que le Hard-Rock des seventies ? Le truc vous tente ? Je peux comprendre, la liberté devient chère de nos jours, et ces quatre-là s’y entendent comme personne pour vous proposer un périple pas cher en bonne compagnie, avec un autoradio qui diffuse la meilleure musique qui soit. Les FREEWAYS sont donc originaires de Brampton, dans l’Ontario, sont signés sur une maison de disques nationale (Temple Of Mystery), et n’ont cure des modes en vogue de nos jours, exceptées celles qui font référence à un passé plus ou moins lointain. Alerté par un premier EP/démo en 2017, l’underground a commencé à s’agiter (l’objet en question fut vite sold-out, même après plusieurs rééditions), et trépide aujourd’hui de la parution d’un premier longue-durée aussi enthousiasmant que nostalgique. Certes, j’en conviens, la pochette de True Bearings pourrait aiguiller sur la piste d’un Stoner nordique et hivernal. Mais c’est pourtant du côté de la NWOBHM qu’il faut chercher l’inspiration des canadiens qui sont d’ailleurs aussi Rock qu’ils ne sont Heavy Metal qu’ils ne sont Hard-Rock. Rien de nouveau sous les pneus neige donc, mais pas mal de passion et de savoir-faire, et une sympathie énorme qui émerge de ces chansons simples aux mélodies prononcées, qui puisent leur inspiration dans le répertoire des gloires d’antan. NWOBHM donc, puisque le son rond l’indique, mais pas seulement, et les clins d’œil à BLUE OYSTER CULT, THIN LIZZY et UFO sont nombreux, tout comme les analogies à CAULDRON ou HAUNT.

Du classique renouvelé donc, pour une petite demi-heure de détente assurée. Les FREEWAYS n’ont pas l’intention ni les ambitions pour révolutionner un Hard-Rock simple mais joué avec sincérité et des tripes bien solides, et ce premier LP de son charme légèrement suranné nous convainc de ses chansons plutôt longues, mais bien amenées. Les riffs sont directs, le chant un peu fluet, les arrangements très discrets, et le tout donne le sentiment d’avoir été capté live en studio. Des méthodes à l’ancienne donc, pour un résultat contemporain de sa nostalgie, et une bordée de faux classiques qu’on écouterait bien sur la route menant à une vieille station de ski existant depuis les années 60. Basse ronde et volubile, guitares à la tierce dans la grande tradition du LIZZY, mélodies qui accrochent immédiatement l’oreille, et sensation parfois d’une improvisation naturelle qui est la marque des musiciens les plus attachés aux valeurs traditionnelles. Un genre de soleil qui se lève sur la blancheur canadienne et qui donne la force d’affronter une nouvelle journée avec le sourire, sensation qui saute aux oreilles dès les premières notes de l’excellent « Dead Air ». Alors, OK, on connaît (très bien) la recette, on la subit à longueur de chroniques, mais la spontanéité des canadiens à quelque chose d’hypnotique, comme une soirée passée au coin d’une cheminée, avec les potes qui sortent les guitares pour reprendre des classiques du Rock.

Le son, parfait et souple, assure la caution passéiste, mais n’en fait pas trop et n’empeste pas les amplis Orange sortis de leur placard. La frappe de caisse claire à cette souplesse des enregistrements de l’orée des années 80, et si les FREEWAYS piochent plus facilement chez les MAMA’S BOYS que chez IRON MAIDEN, leur agressivité cool n’est pas à remettre en cause, et l’écoute de True Bearings n’en est que plus souple et tranquille. Mais ne vous y trompez pas, ces mecs-là ne sont pas des babos reconvertis à la cause Hard-Rock par hasard, ils connaissent leur sujet, et lorsque la distorsion s’accentue, le volume en fait de même et atteint les sommets autrefois foulés par Phil L et sa bande. Duels en solo, batteur qui module quand il le faut, chant un peu adolescent, dégaines de montagnards en piste, mais chansons qui vendent la peau de l’ours après l’avoir tué, et qui parfois jouent la syncope en toute tranquillité (« Battered & Bruised »). C’est excellent dans le fond et irréprochable dans la forme, ça ne dévie pas de la route suivie par les combos enracinés dans leur influences passées, mais ça trace sans se poser de question inutile, et ça joue carré mais rond, complet mais ouvert, tranquille mais ferme.

Le quatuor (Jacob Montgomery  - chant, guitare, Domenic Innocente - guitare, Amar Amrith - basse et Sebastian Alcamo - batterie) a même la politesse de ne pas nous prendre pour des bleus, en proposant des morceaux variés qui font plus ou moins monter la pression sans se départir de cette bonne humeur mélodique générale. On comprend assez vite le principe dès les premières mesures de « Eternal Light, Eternal Night » qui de son chant posé et un peu nonchalant nous accueille avec un riff catchy en diable et un mid tempo qui cogne. On se dit alors que le chemin est bien foulé dans la poudreuse, mais « Sorrow (Love In Vain) » offre un chaloupé bienvenu qui s’adapte aux caprices d’une route pas trop régulière, alors que « True Bearings » calme un peu le jeu, mélodise à outrance, et se pose un peu histoire de manger un bout. Et de fil en aiguille et de pneu neige en réchaud à gaz, on se laisse prendre à cette atmosphère paisible mais Rock, comme si nous connaissions ces mecs depuis longtemps alors qu’ils nous ont pris en stop il y a quelques heures. Sortez donc les anoraks et les peaux tannées, fumez une clope, buvez un coup, et partez en virée avec les canadiens, qui de temps en temps, vous raconteront des histoires bluesy un peu plus longues que la moyenne (« Time Is No Excuse ») , et qui vous emmèneront au bout du voyage et au bout d’une nuit qui finira par s’éclairer d’un jour aveuglant mais apaisant. Belle réussite que ce premier road-trip en RV qui donne envie de faire son sac, et de n’y mettre que le minimum. Les FREEWAYS fournissent l’indispensable et la chaleur humaine, pas de soucis à vous faire.

                                                                                                                       

Titres de l’album:

01. Eternal Light, Eternal Night

02. Sorrow (Love In Vain)

03. True Bearings

04. Dead Air

05. Battered & Bruised

06. Time Is No Excuse

07. Just Survival


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par mortne2001 le 08/05/2021 à 19:13
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